
13 mai 2009
LE PROGRAMME DU VENDREDI 15
18h : vernissage autour d’un apéritif et de quelques huîtres avec jusqu’à 20h : Rodolphe Auté (diaporama), Karelle Ménine (entretien avec Hermès), Alix Eynaudi et Agata Maszkiewicz (projection « the visitants »), Dr Ferrand & Mister Rébus (intervention musicale), Antoine Defoort, Ivana Müller, Nature Theater of Oklahoma (rendez-vous Skype)…
De 21h à 23h : « une conférence » film de Hollis Frampton proposé par Miles Mc Kane (association MIRE – cinéma expérimental), concert de Gérald Kurdian / This Is The Hello Monster, catch de dessinateurs (John Super Waine, El Pepito, Louis Vengeur et Golden Panda)…
LE PROGRAMME DU SAMEDI 16
18h : vernissage autour d’un apéritif avec jusqu’à 20h : Martin Argyroglo (diaporama), Bettina Atala (bande annonce « saison 1 épisode 2 »), Samuel Bianchini, Joanna Warsza, Gion Capeder, Snæbjörn Brynjarsson, Hop là nous vivons (rendez-vous Skype)…
De 21h à 23h : concerts de The Patriotic Sunday et Subtle Tunrhips, performance de Rodolphe Auté, projection de films 16 mm d’Anthony Mac Call et Gordon Matta Clark proposées par l’association MIRE…
(programme susceptible de modifications)
11 mai 2009
En attendant vous pouvez écouter deux titres du premier album qu’il signe avec Ben Jarry.Une facette beaucoup plus soft de son talent !

en écoute : Emily
en écoute : The Magical Gloves Of K.S.
Aussi dissemblables que complémentaires, les deux Nantais Marc Morvan & Ben Jarry (ex 3 Guys Never In et Moesgaard) se sont alliés pour enregistrer Udolpho, un premier album qui souffle doucement sur les braises du folk mélancolique pour en raviver la flamme. Une guitare acoustique, un violoncelle, des cordes discrètes, une voix chaleureuse et élégante donnent à leurs compositions de haute volée des allures de classiques intemporels. Une superbe révélation. Invités à l’émission « Table d’hôtes » de la radio Jet FM, Marc Morvan et Ben Jarry interprèteront quelques titres en direct du bar du lieu unique le vendredi 15 mai entre 18h et 19h30.
7 mai 2009
David Bobee
6 mai 2009
« J’ai voulu inviter Thomas Ferrand dans le cadre de cette carte blanche au lieu unique. Thomas affirme un univers perturbant qui relie le théâtre, le son, la philosophie, la performance, la politique... Rien ne peut l’enfermer. Avec sa compagnie Projet Libéral, il s’amuse detout, questionne le réel à grands coups de tête et ça fait du bien. »
David Bobee

Thomas Ferrand
5 mai 2009
« Un mois de composition autarcique et c'est parti pour le couloir [.0 ]... je file à Nantes pour la dernière ligne droite... un vieux fantasme, tenter d'insérer de la voix (parlé chanté) dans un mix techno interactif et énergique… faire bouger le corps, solliciter la tête... éviter quelque peu le solennel du théâtre avec la même ambition du sens...
Voici un mix galop d’essai de 45 minutes ; matières à modeler avec l'arrivée des voix d'Alexandra et de Cyril... Les 15 et 16 mai, ici même au lieu unique, la version avec les voix... »
Nihil Bordures (musicien)
en écoute : [.0 ] galop d’essai
2 mai 2009
au lieu unique.
« J’ai découvert le travail de Patrick Laffont il y a 10 ans environ sur Marseille lors d’un spectacle de danse avec la Cie Skalen. A ce jour nous nous sommes rencontrés tant artistiquement qu’humainement puisque actuellement il crée entre autre au sein du Collectif MxM. Son travail personnel en mon sens s’axe sur une relation physique à l’image / ici la sensation dépasse largement la notion de concept…laissant s’écouler le temps à travers ses différents dispositifs, ses différentes images mise en situation…notion qui me semble essentielle dans l’approche de cet outil, si l’on désire établir une relation intime avec l’image
Si l’on désire s’émanciper de l’outil vidéo en tant que tel…Je voulais donc aujourd’hui l’inviter avec une de ses installations vidéo, pour faire partager au public mon sentiment… »
Cyril Teste

« c'est violent
c'est l'expression de la violence
c'est l'expression de la violence en image
c'est l'expression de l'image de la violence sur son support même
ça ne casse pas
ça ne bouge pas
ça encaisse
comme on encaisse. »
Patrick Laffont
30 avril 2009
28 avril 2009

16 avril 2009
3 avril 2009, 14h00, cap sur l’Amazonie, mais la Petite Amazonie, à Nantes, dans le quartier Malakoff. Il s’agit d’un espace sauvage situé sur l'ancienne "Prairie de Mauves". Espace classé en zone Natura 2000 pour la richesse de sa faune et de sa flore. De nombreuses espèces d’oiseaux et d’insectes y sont répertoriées. L’équipe du Vivarium Studio souhaite pour ses expériences en milieux naturels visiter cette zone marécageuse. Un guide de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux), Aymeric Mousseau, nous accompagne.

Bottes aux pieds et jumelles à la main, nous vadrouillons dans les prairies à la rencontre des vaches écossaises, gardiennes des lieux, et des oiseaux qui, eux, se font discrets. Philippe Quesne en profite pour faire quelques clichés insolites dans l’esprit des trois livrets disponibles à la librairie Vent d’Ouest au lieu unique : actions en milieu naturel, petites réflexions sur la présence de la nature en milieu urbain et thinking about the end of the world in costume by the sea (Vivarium Studio / collection conséquences).


9 avril 2009
Suite à cet échange il leur propose de participer à la performance organisée le jeudi 2 avril dans la galerie de l’École des Beaux-Arts de Nantes. Cette performance, « Échantillons », se déroule en interaction avec le public qui est invité à manipuler une souris d’ordinateur fixée sur une vitrine. À chaque « clic » déclenché par un spectateur, les acteurs illustrent les phrases projetées au mur.


26 mars 2009
Les 6 et 7 mars, deux présentations publiques des travaux engagés ont eu lieu.
Voici quelques notes et images pour se replonger dans l'univers angoissant de jeunes gens en plein désarroi.
NOTHING HURTS
HURTS ME
HURTS ME
HURTS…
studio plutôt chaleureux, un fauteuil ici et là, ambiance décontractée...
entrez faites comme chez vous...
prenez une place, installez-vous, faites comme chez vous
vous n’êtes pas chez vous, vous êtes chez eux
chez eux dans leur vie
dans leur vie... commune
interactive, retransmise
commune et neutre, neutre et vide, alors vous êtes chez qui ?
chez vous chez eux chez nous dans ma vie ou dans la tienne dans celle qu’on veut de moi non .. de vous ? non de nous....
format électrochoc, 45 minutes
mettre à plat, exposer des sentiments
mettre à plat exposer des vies
exploser des vies
exposer des sentiments des vies, des sentiments au regard
transmettre et retransmettre l’intérieur et l’interdit, pénétrer les personnalités
pénétrer les personnalités
leur personnalité
votre personnalité
exploser des vies
la personnalité ma personnalité notre personnalité
et l’identité
où est l’identité
identité...
dénaturée, le naturel ennuie
au naturel préférez le surnaturel
comme dans un tableau de Dali,
prenez les sens et extrudez
exploser des vies
exploser vos sens
que reste-t-il ?électrochoc, 45 minutes
Cyril Teste et ses jeunes acteurs
au jeu parfait de sincérité
particulierement lors de la première
vous emportent dans la facilité du cheminement vers la perversion
de l’état de complicité à celui de voyeurisme
bienvenue prenez une place dans la perte du soi,
dans l’étalage public de l’autre
du modèleélectrochoc, 45 minutes,
voyagez au cœur de l’être
de la perversion du soi
mais heureusement bienvenus,
vous prenez une place chez Cyril Teste
et une issue visible est toujours ouverte
dans son espoir permanent en l’humain
en lieu et place du SURHUMAIN…
Eric
16 mars 2009
Nihil compose actuellement l’environnement sonore du projet .O, une performance lecture électro, signée par le collectif MxM et qui sera présentée au lieu unique les 15 et 16 mai prochains.
CONFIDENCES DANS UN JARDIN
Une installation sonore traitant d’une confidence de jardin, celle d’Hélène.
Hélène a 92 ans. Une composition musicale travaille un sous-texte permanent...
La musique nous sert de miroir ; ainsi extrapolée, Hélène en parlant d’elle, parle de nous.
Sollicitations de notre mémoire collective... A l’heure des débats sur la valeur du travail, un écho redoublé d’interrogations sur ce va-et-vient... D’où vient notre propre construction ?...
La place de cet héritage de valeurs directement issues du 19ème siècle... Et puis le vieillissement, l’absence, la solitude et l’humour... Tous ces thèmes défilent durant 28 minutes sur ce mode d’aller retour... En autant de strates de pensées, elle nous apparaît alors paradoxale, terriblement humaine, un miroir étonnant de nous-mêmes.
Nihil Bordures
Chapitre 1 / "rencontre dans un jardin"
Chapitre 2 / "bouleau bouleau"
Chapitre 3 / "que c'est pas vrai..."
Chapitre 4 / "la voiture noire"
Chapitre 5 / "la solitude"
Chapitre 6 / "y a trop d'abus"
10 mars 2009
Deux jours pour se rencontrer, échanger sur les spectacles vus depuis le début de la saison et tenter ensemble des improvisations.

« Immersion dans le travail avec David Bobee.Une partie du groupe des 15 et quelques comédiens du labo Nothing Hurts du collectif MxM se retrouvent pour travailler ensemble !Training dynamique et ça enchaîne : 2 jours de propositions. Une envie individuelle, du son, de la vidéo et une belle lumière lui font rapidement écho, David rebondit. Ok ! Next ! C’était génial ! On se découvre. Des belles surprises, des univers barrés surgissent. Des ponts se créent : découverte des textes de Cyril Teste, réflexions sur l’espace. Les univers se télescopent.Une chouette matière, plein d’énergie, d’envies et de possibles… »
Caroline
3 mars 2009
Deux élèves nous font partager leur expérience.
Le collectif Les Possédés joue en ce moment au Théâtre de la Bastille, la pièce de Tchekhov « Oncle Vania », que nous accueillons du 21 au 25 avril prochain.
Le travail sur le corps fut très présent, autant par le travail sur les images que les chorégraphies, ce qui entraîna naturellement durant le jeu une forte présence du corps chez les élèves qui fut très positive à mes yeux, très crédible.
J’ai été frappé par la force de la proposition de faire jouer tous les élèves en même temps sur le plateau et que ceux-ci y soient toujours présents.
19 février 2009
En attendant le retour du Vivarium Studio avec le spectacle "La mélancolie des dragons" (du 31 mars au 3 avril), découvrez ce petit film tourné lors d'un séjour au Havre.
Si vous souhaitez prolonger cet instant de poésie, Philippe Quesne et le Vivarium Studio ont publié deux livrets en vente à la librairie Vent d'Ouest au lieu unique : "actions en milieu naturel" et "petites réflexions sur la présence de la nature en milieu urbain" / collection conséquences.
Un troisième livret est en cours de création.
12 février 2009
« L’Effet de Serge ».
C’est un spectacle proposé par Philippe Quesne. L’événement se déroule au lieu unique. Cet été j’avais été séduit par « La Mélancolie des Dragons » dans le Cloître des Célestins en Avignon, un jour de mistral. Aujourd’hui, j’ai l’occasion d’assister à la représentation « in-vitro », dans les coulisses. Avec Camille, avec Marilyn, avec les étudiants de l’école des beaux-arts et avec l’équipe du Vivarium, nous allons alimenter l’imaginaire de Serge. Je serai un des amis, spectateur amusé, éphémère des spectacles organisés les dimanches après-midi.
(…)
Deuxième acte, hier soir. J’entre dans le grand atelier. On installe le décor. A cour la caisse d’un chien. Derrière le lieu de Serge, je retrouve la voiture de « La Mélancolie ». Tout en haut des gradins devant la table de régie Philippe Quesne qui m’accueille chaleureusement. Erreur d’horaire, j’ai du temps. Nous nous retrouverons plus tard. Passage par la librairie Vent d’Ouest, un café, « La Folie Silaz » d’Hélène Lenoir. Arrivée de Camille, puis de Marilyn. Retour dans le grand Atelier. Nous retrouvons le plateau, l’équipe du Vivarium Studio. Parmi eux, Isabelle nous attendait calmement.
Mercredi 10 décembre 2008
Grand atelier, 16 heures Espace feutré, les gradins sur le côté recouverts d’un tissu noir Serge-Gaëtan s’affaire dans sa pièce blanche, dépouillée, sans images superflues, assez neutre finalement
Une télé, des fils électriques, une raquette, des boîtes de chips, du papier ruban, des piles, des petites fiches cartonnées, un cahier…
A cour, une porte vers l’extérieur.
Entre les deux, un panneau vitré laisse entrevoir une forêt
Automne, les feuilles jonchent le sol.
L’équipe se présente au complet :
Isabelle, Zinn, Tristan, Rodolphe et Hermès le chien.
Discussion feutrée, rien de vraiment important
Tout en haut, Philippe toujours derrière sa console règle quelques effets
Avant de nous rejoindre.
Quelques étudiants arrivent impatients.
Camille l’étudiante et Marilyn l’actrice, sont là,
Il n’y a plus qu’à…
Mise au point de nos interventions.
Première séquence
L’apparition de la voiture derrière la baie vitrée, les coussins au sol,
Wagner, chevauchée des éclairs, crépuscule de clignotants
Jeu de klaxon, retour de la lumière
Marilyn mâchouillant son chewing-gum, d’abord interdite
Puis les mots, puis Philippe,
Calme, tranquille,
Conseils, suggestions.
Voiture disparue, regards vers la forêt, espace de nouveau vierge.
Deuxième séquence
Camille, seule avec Serge au nez ensanglanté, écrabouillé, enrubanné,
Un sourire doux, le geste discret.
Proposition, jeu laser, figures au mur, variation des images aux rebonds de la phrase musicale.
Des photos témoins à revoir plus tard
Elle, enthousiaste, lui, impassible
Elle oserait peut-être, il reste retranché
Un baiser entrevu et déjà perdu
Elle partie, lui de nouveau seul !
Comme dans la chanson, peut-être une autre « Passante »
Dernière séquence.
Ils reviennent tous, les amis du dimanche soir,
Tout un groupe dont je fais partie, spectacle pyrotechnique.
Gène, conversations croisées, éviter le brouhaha, les mots s’envolent
Hermès le chien est là comme dans la Mélancolie des Dragons
Impatient d’être sur scène
Autres conseils de Philippe, toujours aussi tranquille, serein, précis
Tout est possible mais on ne mélange pas les histoires…
Fin de la répétition à 17h30,
Retour vers 20 heures.
Temps toujours feutré, pas d’effervescence apparente
20 heures 25, entrée des spectateurs.
Une aventure commence,
Effet bizarre d’être un élément d’un puzzle
L’envers du décor, les aboiements d’un chien vont rythmer nos interventions
L’aventure prend des saveurs différées selon que l’on soit devant ou derrière les déambulations de Serge.
À suivre…
Je ne verrai pas le spectacle des gradins.
Du lundi au vendredi j’ai « fait l’acteur ».
Et, comme à chaque fois dans cette situation-là,
Je me suis imposé quelques rituels:
Etre là tôt, dès 20 heures cette semaine,
Traîner, humer l’air du temps dans le vivarium de Serge
Faire une forme d’inventaire des objets en attente sur la table de ping-pong
Chaque jour je m’attarde sur l’un d’entr’eux,
Les pizzas sont déjà là
Isabelle viendra les découper avec une paire de ciseaux un peu plus tard.
Consulter les livres empilés en bas du mur;
Je ne suis pas surpris par la présence de Beckett et de Perec,
Modiano aurait pu être là aussi
J’ai déjà oublié les autres auteurs.
La moquette, qui n’est pas fixée, a été nettoyée, balayée, aspirée.
Dernier plan fixe, balayage panoramique de la pièce vers les gradins encore vides.
Sortir par la baie vitrée
M’attarder au niveau de la forêt, des lauriers palmes fixés dans des tubes en ferraille
A leurs pieds des buissons du genre « Abélia » qui se dessèchent déjà
Ont-ils des contraintes avec la consigne anti-feu?
Associer les objets derrière la maison avec leur fonction dans le spectacle,
Le vélo de dame avec son siège-bébé.
Isabelle l’utilisera deux fois.
La voiture; une AX Citroën avec des traces de neige,
Tristan s’installera par la porte de droite, suivi par Marilyn
L’escabeau, les chaises, les perruques au bout de leur fil pour la scène finale
Le casque de moto pour Zinn en livreur de Pizza
L’autre casque de cosmonaute pour l’entrée de Serge.
Je dépose mon manteau et mon sac sur la chaise, qui deviendra la mienne.
Rejoindre les autres dans les loges.
(...)
Philippe viendra lui fixer le micro avec un morceau de ruban adhésif.
Le public va entrer, nous devons disparaitre.
Un regard suspendu vers les gradins vides
Sensation complexe, heureux d’être là, une pièce de lego dans un jeu d’illusions, étonné d’être encore émerveillé par ces histoires là, troublé aussi par la présence de quelques uns parmi les spectateurs, un peu inquiet sur le jeu à venir, ne pas décevoir, ne pas me décevoir, les dés sont jetés, le vin est tiré, grande confiance en Philippe et son équipe, il n’y a plus qu’à...
Il n’y a plus qu’à! Alors tranquillement je regagne l’envers du décor. Chacun à sa place, Isabelle en garde fidèle, toujours présente, Zinn plus en mouvement, disparaît, revient, s’allonge, intervient, repart.
Très vite, nous nous sommes appropriés un lieu d’attente. Marilyn dans le coin le plus sombre, puis Camille, comme un poisson dans l’eau dans une aventure nouvelle pour elle. Manifestement elle vit pleinement le fait d’être là. Les étudiants de l’école des beaux-arts, qui se sont succédés chaque jour, seront plus en errance. Chacun se met en mouvement à un moment précis pour intervenir aux aboiements d’un chien. Les premiers jours je capte des images avec mon appareil reflex: les reflets bleutés sur la voiture, l’attente de Gaëtan, les jeux de fumées dans les arbres, la ronde des visiteurs, l’embrasement de la danse des perruques en bouquet final. J’oublie que la mise au point automatique de l’appareil fait apparaître une légère lueur, intolérable dans les instants d’obscurité, Gaëtan me fait la remarque, je range l’appareil. Les autres jours cela voyage dans ma tête, un peu étranger au climat ambiant. Tous les signes d’angoisse, de fébrilité se sont évaporés. Les tensions engendrées par les aléas du quotidien sont rangées dans une autre sphère.
(…)
« Le temps passe, le temps passe nous sommes maintenant un autre dimanche ». Séquence: effets de lumières sur une musique de Wagner. Je reprends contact avec l’immédiat, avec mon urgence. Dans quelques minutes je serai physiquement concerné. J’entre alors en mouvement. Il me faut bouger, mettre le corps en tension, les sens en éveil. Les choses ont avancé, nous en sommes à l’intervention de Camille chez Serge. Je déambule sur la bande de tapis en fond de plateau. Des pas, tours, demi-tours, flexion, accélérer, regarder, être présent, se sentir pleinement vivant, attentif au moindre signe, conscient de toutes les consignes. Arrêt de la musique je retrouve ma chaise enfile mon manteau, redresse le col comme au milieu de l’hiver. Le chien suivant peut se manifester, je suis prêt. J’attends. Le chien a aboyé, j’avance, j’aperçois des gens au premier rang. Regard vers Serge, attente des autres, Isabelle et son vélo, la voiture, enfin Camille et son paquet cadeau. Rodolphe et Hermès nous rejoignent chez Serge; la vivacité du chien me fait sourire, je ne suis pas le seul dans le public on apprécie aussi. Tout s’enchaîne. Spectacle: effets pyrotechniques sur une musique de Vic Chesnutt. Je suis, je fais, je vis, j’existe, je raconte la séquence à Zinn arrivé en retard, je mange une part de pizza. Regard sur Isabelle, heure du départ, un dernier au revoir. Fin de l’intervention.
Bientôt l’embrasement des perruques, bientôt les saluts, deux rappels seulement. Ils ont le sourire discret, encore sous le charme. Ils quittent la salle. Nous, nous reverrons demain.
Textes et photos : Michel.
30 janvier 2009
Début février, deux membres du collectif vont mener un atelier avec les élèves du Conservatoire d'Art Dramatique de Nantes.
Nous les retrouverons fin avril, du 21 au 25, avec un autre spectacle "Oncle Vania".
A Lanildut ‹ Finistère ‹ on cherche un cheval pour Arthur dans Merlin.
Nous jouons "derniers remords" à Brest, au Quartz. Hier après le spectacle nous avons rencontré un public chaleureux et enthousiaste.
Ensuite, un incontournable, un restaurant de crustacés. A peine avait-on terminé nos araignées que chacun voulait déjà revenir le lendemain. On irait presque manger au "crabe marteau" tous les jours mais on n'a pas prévu assez de vêtements de rechange. Les coups de marteau sur les pattes des crabes qui permettent de libérer la chair, créent des dommages collatéraux. Pas de blessés, des tâches.
Il y eut un instant suspendu quand Le Bolloch et Solo sont entrés là. La table des Possédés s'est mise en mode pause pour observer avec attention ces fameux acteurs. Certains avec envie ou encore une teinte de mépris, d'autres avec respect.
Alors, la moitié de l'araignée de Nadir, dans un dernier sursaut, profitant de cette trêve du marteau, se traîna hors de son assiette. Celui-ci se mît à pousser un petit cri sur-aigu semblable au son qu'elle-même produit quand on l'ébouillante vivante. Le petit cri envahît le restaurant comme une brume soudaine. Nos sens étaient troublés.
Yvan et Bruno mettaient des pièces dans une machine à café imaginaire; David s'était mis une huître sur le nez pour faire Cyrano; Katja et Rodolphe chantaient "j'ai encore rêvé d'elle"; Marie et Juju avaient disparu; Willou changeait toutes les ampoules du restaurant et moi je tenais par ses pinces énormes un homard noir sur mes genoux.
C'est le claquement du volet de ma chambre qui m'a réveillé ‹ ces chambres dans les combles du manoir de Kéroual où nous sommes logés. La lune était encore haute et étincelait entre les branches d'un chêne gigantesque du parc envahi de lapins.
Tout le monde va bien, la tournée continue.
bons baisers des Possédés
16 janvier 2009
Jeudi 18 décembre
Après la découverte de Fées, mon coup de cœur de la saison passée, et récemment de Cannibales, c’est avec enthousiasme que j’ai accepté la proposition d’assister à une répétition de la création en cours du groupe Rictus : Nos enfants nous font peur quand on les croise dans la rue.
Une journée de congé pas comme les autres…
Train à 11H accompagnés de Philippa et Caroline du lieu unique, nous arrivons au théâtre de Gennevilliers, lieu de résidence où la création sera présentée mi-janvier, vers 14H, pour n’en ressortir que quelques heures plus tard. Entre temps, nous avons découvert le premier filage complet qui servira de base pour les quinze jours de travail restants avant la création.

Le théâtre du groupe Rictus est sans aucun doute politique et contemporain : la création en cours ne fait pas exception. Après une pause plus ‘légère’ (dixit Ronan) avec Cannibales, (je dirai plutôt plus onirique), ils reviennent avec un texte fort, voire violent, et tellement contemporain qu’il parle d’aujourd’hui, de la crise, de demain, des banlieues, de l’Afrique, de la politique du gouvernement Sarkozy, des expulsions, autant de sujets qui, inévitablement, déclencheront l’ire de leurs détracteurs et de nombreux autres : tendre un miroir à ces contemporains est aujourd’hui une démarche artistique politique, donc risquée.

Un décor métallique du sol, aux murs qui lorsque les panneaux s’ouvrent deviennent des espaces de circulation des couloirs d’où s’échappent des voyageurs pressés, nous sommes dans une salle d’aéroport. Autant le dire tout de suite, la scénographie, le son, la vidéo et la gestion de l’espace avec cette circulation latérale entre ces murs/portes sont irréprochables.

Clarisse (comédienne) au micro ‘j’habite une ville moyenne, une ville sclérosée dans un pays fatigué’, le mur du fond devient écran géant pour un panorama urbain : un premier texte politique et fort qui nous embarque déjà loin suivi par une intervention des danseurs congolais rejoints par les acteurs qui investissent le plateau un à un, observateurs ? indifférents ? avant de rejoindre les danseurs dans une chorégraphie puissante : le spectateur décolle.

Une vidéo, une histoire d’amour franco-congolaise, elle, française dans cet espace, lui, sur l’écran incrusté dans un paysage urbain, pour le toucher elle ne peut que caresser son image, réussiront-ils à se retrouver ? (ils le feront un peu plus tard, mais est-ce réaliste ? échanges avec David, Ronan et l’équipe, recherche de possibilités : il ne faudrait pas qu’il y ait de contact physique sur scène – il faudra attendre la présentation en mars au lu pour connaître la réponse choisie pour cette histoire d’amour).
Ronan au micro ‘suis-je légitime ? est-ce si difficile d’écrire ? à quoi ça sert le théâtre contemporain ?’, interrogations également sur les motivations d’un programmateur complétées par un name-dropping gratuit et inapproprié (et finalement pas si méchant que cela !) ‘qui aime le théâtre d’Adjani ? qui aime le théâtre de Marie-France Pisier ? qui aime Bénabar ?’
Un autre comédien un autre texte sur la peur de l’autre la peur de l’avenir ‘j’ai peur de ce qui va arriver ? j’ai peur des jeunes qui trainent dans la rue ?’
rejoint sur scène par tous les autres qui se resserrent un à un autour de lui avant l’arrivée d’un CRS, le sauveur ?! à politique de la peur réponse musclée, envie de désamorcer la violence d’une telle image ? pour mettre un peu de douceur dans un monde de brute ? le CRS entame devant nous progressivement une caricature de danse classique.
Meilleure séquence que lors du premier filage mais manque encore de rythme (nouvelle séquence quasiment improvisée nous apprend plus tard David, on comprend mieux son côté bancal) elle est de toute façon franchement casse-gueule, soit elle emporte le public et il se marre, soit cela ne sera finalement qu’un moment ridiculement caricatural.
Troisième intervention de Ronan déjà évoquée en préambule, la plus intéressante par le texte dit, mais paradoxalement l’action sur scène n’est alors pas très pertinente : pas d’objectif, certes, d’illustrer le texte mais la présence des danseurs simulant une séance de répétitions, pas une véritable séquence chorégraphiée . Quel intérêt ?La même scène avec le texte dit en voix-off permettrait peut être une focalisation exclusive sur les danseurs – intéressé par le texte je ne les regardais plus, regard et écoute sur Ronan.
L’histoire d’amour franco-congolais, nouvel épisode, moment bouleversant et d’une violence extrême . Une vidéo, un prélude amoureux deux amants se caressent se déshabillent et lorsque que les gestes deviennent trop intimes il se produit une distorsion violente du son et de l’image.
Interdit des gestes les plus intimes et naturels entre les deux amants parce qu’elle est française, parce qu’il est congolais.
Pas le temps de laisser retomber l’émotion, un texte sur les expulsions, les vols retours, les reconduites, la violence physique mise en œuvre, les techniques enseignées pour obtenir un corps (un objet ?) inerte facilement transportable ‘et la personne ne pèse plus rien’.
Un peu d’onirisme façon « Cannibales » pour nous laisser souffler ? Un comédien une chanson live l’espace se remplit de valises de vêtements des gens dansent bougent un acrobate se retrouve au mat un autre dans une roue, le temps est suspendu…Est-ce le seul objectif de cette scène ? Une suspension, une transition : finalement vide de sens d’autant plus que ce qui suit à la force des textes précédents, pourquoi vouloir à tout prix reposer les spectateurs en créant un tel intermède artificiel et long ?
Une vidéo un autre panorama (toujours d’aussi bonne qualité) un texte sur la résistance ‘est-ce encore possible ?’ accompagné sur scène par le solo d’un danseur ‘les minorités absentes des médias’ ‘les enfants hurlent’ ‘se suicident en prison’ ‘plutôt que d’être oublié’ on est revenu dans le vif du sujet, ça fait toujours aussi mal.
Cartoonesque et grinçante séquence jeu vidéo sur le tapis roulant ‘game over’ après l’apparition du crs, interrogation sur l’identité, surtout depuis la création de ce ministère de l’identité nationale, notion gérée, administrée.
N’avons-nous plus le droit d’avoir une identité différente de celle définie par une loi ?
Contre-pied de cette terrible question, une Marseillaise débridée qui se termine dans un bain de sang, une fusillade.Discours du terroriste justifiant son geste, la peur, les peurs, l’identité, son identité menacée, succession de lieux communs que l’on entend malheureusement trop souvent (dommage que cette intervention soit plombée par l’agonie caricaturale de certains des ‘mourants’) on rit plus des gesticulations stupides que de l’humour grinçant du texte.
Intervention touchante, carrément bouleversante ? d’un comédien qui semble si peu sûr de lui mais finalement très juste.
Il interrompt le discours pseudo-fascisant sans avoir les mots mais sachant qu’’il ne faut pas dire ça, pas comme ça’ ‘moi j’ai pas les mots’ ‘l’égalité elle est où ?’ ‘où on va’ (avec de tels propos) il invective l’auteur ‘c’est quoi ton délire’ avant de sortir de scène pour s’avancer vers les spectateurs ‘où on va’ avec de tels propos, avec un gouvernement qui emprisonne les jeunes dès 12 ans, qui autorise les psychotropes pour les enfants dès 4 ans, pour le fichage de l’appartenance sexuelle, qui envoie les flics à la sortie des écoles, dans les écoles. ‘quand est-ce qu’on se réveille’ ‘ils sont où ceux qui savent dire’.
Un mouvement de groupe, comédiens et danseurs simulent une émeute. La violence devient danse de groupe intense et tout aussi violente, plus suggérée que montrée (époustouflant)…les larmes aux yeux, cela m’évoque une image de Foi de Sidi Larbi Cherkaoui.
Peut être la fin…
Non, Clarisse au micro un dernier panorama de paysage urbain pas de visage.
Le texte évoque l’immigration ses nouvelles règles l’apprentissage de la Marseillaise et de l’histoire de France obligatoires
‘est-ce l’urgence lorsque l’on arrive du Kosovo ?’
‘la France c’est qui ?’
NB : toutes les phrases ou expressions entre guillemets et en italique sont des citations du texte de Ronan reproduites avec le plus de fidélité possible.
Il est plus de 20H, les scènes fortes le sont toujours autant
Les échanges vont reprendre autour d’un verre puis d’un dîner et déjà l’impatience de voir une troisième version, de la confronter à cette séance de travail, à ces réponses aux interrogations, aux interrogations qui subsistent, avec cette certitude de vouloir suivre le travail de David l’écriture de Ronan. Est-ce cela l’addiction ?
6 janvier 2009
« En allant voir le spectacle je me demandais à quelle sauce j’allais être ‘mangé’.
Et j’ai été ‘mangé’.
‘Mangé’ par le texte, coulant comme une jeunesse qui voit passer le temps. Le déroulement de la vie de ces deux jeunes nous semble comme une partie de ping-pong où chaque balle marque un point. La mi-temps leur permet de se rencontrer et de compter les points… presque en silence.
‘Mangé’ par leur comportement qui les conduit vers leur destin, tels des automates, programmés par tous les coups reçus et qu’ils n’ont pas assimilés, ni donc assumés. Et pourtant la marmite n’aurait peut-être pas bouilli si les échanges de la vie avaient été une potion pour calmer leur regard.
Alors ils se seraient vraiment libérés. » Gérard
Regards croisés (extrait)
« Plus le créateur, plus le metteur en scène, plus le sonorisateur, plus l’éclairagiste,
Tous ces gens sont venus nous dire que nous ne sommes pas seuls en la même quête d’identité.
Et nous leur avons dit qu’il est si bon de l’entendre.
Et ils nous ont regardés et nous les avons regardés,
Regards croisés
En un silence poignant.
Et nous nous sommes compris,
Nous, frères humains. » Momo
Aux artistes
« Nous avons vraiment envie de vous dire merci :
Merci à Ronan Chéneau qui a écrit un texte aussi fort qui s’inscrit dans l’esprit aussi facilement que l’eau sort de sa source.
N’est-ce pas la marque d’une grande attention à la vie. Il décrit les faits et nous amène à la réflexion.Merci aux trois comédiens qui ont su nous faire ressentir les mots jusque dans nos tripes.
Merci aux musiciens et au chanteur qui ont calmé quelque peu les battements de notre cœur.
D’aucun d’entre nous disaient que c’était le plus beau moment de spectacle que nous avons vécu ici.
Merci car vous êtes des porteurs de réflexion pour l’esprit et des sentiments pour les cœurs.
Appétit de la vie.
Appétit de l’esprit. » Gérard